Aléna: Etats-Unis, Canada et Mexique veulent un nouveau traité ambitieux

Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ont conclu dimanche leur premier cycle de discussions pour moderniser le traité commercial Aléna, en s’engageant à négocier à un “rythme rapide” tout en parvenant à “un résultat ambitieux”. Les négociateurs de chaque pays se réuniront de nouveau, au Mexique, pour le second cycle de discussions du 1er au 5 septembre prochain, a-t-il été annoncé. “L’étendue et le volume de propositions au cours de ce premier cycle de discussions reflètent l’engagement des trois pays à parvenir à un résultat ambitieux et ils montrent de nouveau l’importance de moderniser les règles régissant le plus grand traité de libre-échange du monde”, ont déclaré dans un communiqué commun les pays liés depuis 1994 par ce traité de libre-échange nord américain.
Leurs négociateurs, qui étaient réunis à Washington depuis mercredi, ont indiqué avoir passé en revue “des dizaines de sujets différents” sans toutefois évoquer un quelconque progrès, ce qui souligne la difficulté de la tâche.
Imposée par Donald Trump qui en a fait une priorité de sa politique économique, la modernisation du traité de l’Aléna était devenue incontournable. Le président américain n’a eu de cesse de dénoncer l’Aléna qu’il qualifie de “désastre”, lui attribuant la responsabilité de nombreuses disparitions d’emplois aux Etats-Unis. Washington entend s’attaquer en particulier au problème du déséquilibre de sa balance commerciale avec le Mexique, qui, depuis la signature du traité, est passée d’un excédent de 1,6 milliard de dollars à un déficit de près de 64 milliards de dollars.
Dimanche, malgré l’ampleur du travail, les trois parties ont affiché leur volonté d’aller vite. Elles se réuniront ainsi de nouveau dans moins de deux semaines, après des consultations nationales en vue de faire avancer “l’élaboration d’un texte de négociation”. Après la réunion de septembre au Mexique, “les négociations se poursuivront à un rythme rapide” avec une troisième réunion au Canada “fin septembre” et une quatrième aux Etats-Unis “en octobre”.
Ce rythme très inhabituel pour ce genre de traité s’explique par des échéances politiques au Mexique comme aux Etats-Unis. L’année prochaine, le Mexique tiendra en effet des élections présidentielles et parlementaires, et les Etats-Unis organiseront un scrutin législatif. En outre, aux Etats-Unis, la procédure législative dite accélérée ou “fast track” qui donne au gouvernement américain des pouvoirs étendus en matière de négociation commerciale expire mi-2018 et il n’est pas garanti que les élus la prolongent facilement.

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21 août 2017 - 01h10