Airbus: enquête ouverte en France sur des soupçons de fraude au Royaume-Uni

Le consortium européen Airbus a annoncé jeudi, dans un communiqué, faire l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) en France concernant des soupçons de corruption au Royaume-Uni, où une enquête est en cours depuis août 2016. Le groupe a rappelé qu’il fait l’objet d’une enquête de l’organe britannique chargé de la lutte contre la corruption, le Serious Fraud Office (SFO), « sur des soupçons de fraude et de corruption dans les activités d’aviation civile », et assuré qu’il « coopérera pleinement avec ces deux organismes » judiciaires.
Airbus a précisé que les deux enquêtes concernent bien les mêmes soupçons au Royaume-Uni.
« Le PNF a ouvert en juillet 2016 une enquête préliminaire sur des soupçons de corruption en lien avec des contrats de ventes », a-t-on précisé de source judiciaire, une enquête ouverte « en coordination avec le SFO ».
Le groupe européen avait obligation de faire une communication en raison d’impacts possibles sur les marchés financiers, a-t-on ajouté de même source.
Le SFO avait ouvert une enquête le 7 août dernier pour des soupçons de fraude, de pots-de-vin et de corruption, des « allégations (qui) portent sur des irrégularités concernant des consultants tiers », avait précisé l’organisme dans un communiqué.
Un porte-parole avait alors précisé qu’aucune information supplémentaire ne serait rendue publique avant l’aboutissement de l’enquête.
Cette annonce était intervenue quatre mois après que l’agence britannique de crédits à l’exportation avait suspendu les crédits accordés à Airbus, suivie dans un second temps par la France et l’Allemagne.
Le 16 février dernier, le ministère autrichien de la Défense a annoncé sa volonté de poursuivre Airbus pour une affaire de fraude et de corruption dans le cadre d’une vente controversée d’avions de combat Eurofighter au pays.
L’affaire porte sur la livraison en 2003 de 15 appareils Eurofighter pour un montant de 1,7 milliard d’euros. Le ministère autrichien de la Défense soupçonne Airbus d’avoir gonflé artificiellement les prix.
« Nous ne savons pas sur quelles constatations est basée » la décision du gouvernement autrichien, avait alors réagi Airbus dans une déclaration.
Le groupe, qui assurait n’avoir « aucun détail » sur la plainte, avait affirmé avoir « contribué ces dernières années au travail des autorités, par exemple à travers (ses) propres enquêtes ».
Airbus avait indiqué fin janvier avoir accepté une procédure de rectification fiscale en Allemagne concernant cette vente d’avions de combat Eurofighter à l’Autriche, alors que cette transaction fait l’objet depuis des années de soupçons d’éventuels pots-de-vin.

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16 mars 2017 - 21h55