Ai Weiwei – L'artiste chinois Ai Weiwei s'expose à Paris

Le sculpteur et photographe, polémique dans son pays d’origine, est exposé pour la première fois à Paris du 16 janvier au 20 février 2016.
Peu connu en France et en Belgique, Ai Weiwei est une figure de la contestation chinoise. Architecte de formation, certains de ses travaux parlent au monde entier, comme le stade national de Pékin construit pour les Jeux Olympiques de 2008. Exposé pour la première fois à Paris chez Le Bon Marché, il est déjà l’invité d’honneur de la Royal Academy of Arts londonienne depuis septembre 2015.

Ses inspirations sont diverses, du Pop Art à la Andy Warhol au dadaïsme de Marcel Duchamp. Ses oeuvres ont lien à des engagements politiques de multiples natures. Derrière chaque vase revisité, chaque table pliée en deux ou chaque arbre sculpté, Ai Weiwei exprime un point de vue souvent controversé, qui dérange. En 2010, considéré comme un “dissident politique” par le gouvernement chinois, il est emprisonné 81 jours avant d’être libéré sous caution.

Ses thèmes de prédilection sont les horreurs de la Chine communiste, la surveillance généralisée de la société actuelle, mais aussi la puissance des sentiments humains. Qualifié “d’idole des médias et des curateurs” par Slate.fr, il aime revisiter certains faits d’actualités. Le dernier en date est la mort du petit Aylan Kurdi, retrouvé mort et photographié sur une plage turque le 2 décembre 2015. Ai Weiwei a caricaturé le célèbre cliché en feignant la mort sur une plage.

Il s’est aussi fait remarquer dans une bataille médiatique l’opposant au fabriquant danois de jouets Lego, qui avait refuser de lui octroyer le nombre de briques nécessaires à l’élaboration d’une oeuvre d’art sur des prisonniers chinois. Lego avait déclaré “ne pas soutenir les projets politiques”. L’artiste a pu compter sur un élan participatif mondial, un grand nombre de ses abonnés sur les réseaux sociaux lui ayant envoyé assez de briques pour concrétiser son idée.

Ai Weiwei est exposé dans une dizaine de pays à travers le monde. Il s’est dit “très heureux” de l’être aujourd’hui en France. “Cela représente un véritable défi pour moi de réaliser des oeuvres spécifiquement pour un grand magasin, ce qui m’intéresse d’autant plus,” a-t-il confié au Bon Marché.

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02 mars 2016 - 17h45