Abdeslam a réussi à communiquer avec d'autres détenus malgré son isolement

Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats parisiens du 13 novembre, a réussi à parler avec d’autres détenus malgré son isolement, a reconnu dimanche le garde des Sceaux français Jean-Jacques Urvoas, précisant que ses interlocuteurs ont été changés d’établissement.
Salah Abdeslam est détenu à l’isolement depuis le 27 avril « à Fleury-Mérogis (sud de Paris), une maison d’arrêt considérable où il y a 4.366 détenus pour deux fois moins de places », a rappelé le garde des Sceaux au « Grand rendez-vous » Europe1/iTELE/Les Échos.
« Chaque fois qu’il y a (eu de sa part) une tentation d’entamer une conversation avec un voisin, (…) eh bien la personne avec qui il tentait de discuter, même brièvement, a été immédiatement transférée dans un autre établissement », a-t-il affirmé.
Ces voisins avec qui il tentait d’entrer en relation étaient « lointains puisque naturellement autour de lui les cellules sont vides », a souligné M. Urvoas. « Même s’il y a des éléments de plexiglas (à la fenêtre) qui lui interdisent d’accéder à l’extérieur il peut – j’imagine – en forçant la voix » se faire entendre d’un autre détenu, a-t-il poursuivi, ajoutant: « C’est arrivé ».
Mis en examen pour assassinats terroristes et suspect-clé des attentats parisiens qui ont fait 130 morts, Salah Abdeslam est placé sous vidéosurveillance 24h/24, a-t-il rappelé.
La chancellerie a récemment indiqué à l’AFP qu’une « procédure disciplinaire a été engagée contre Salah Abdeslam en septembre 2016 », sans toutefois indiquer à quels faits elle était liée.
Interrogé par ailleurs sur le cas de Farouk Ben Abbes, un Belgo-Tunisien de 31 ans assigné à résidence à Toulouse après les attentats du 13 novembre, et dont la presse a révélé qu’il percevait le RSA, le ministre a reconnu « une erreur » du ministère de la Justice dans ce dossier.
« J’ai engagé une procédure pour recouvrer les sommes qui lui ont été indûment versées », a indiqué le garde des Sceaux.
Farouk Ben Abbes « est mis en examen pour association de malfaiteurs à but terroriste. Cette procédure va aller jusqu’au bout. De deux choses l’une: il est condamné, il sera mis en prison et ne touchera pas le RSA; il n’est pas condamné, il sera expulsé et ne touchera plus le RSA », a-t-il expliqué.
Jean-Jacques Urvoas a par ailleurs indiqué qu’il y avait actuellement 340 personnes en détention poursuivies pour des faits liés au terrorisme, incarcérées dans 50 établissements, et qu’environ 1.300 personnes sont considérées comme radicalisées.

Partager l'article

10 octobre 2016 - 00h05