A la frontière Mexique-USA, les animaux ne veulent pas d'un mur

Chaque jour, ils se jouent de la frontière : jaguars, mouflons et antilopes se promènent librement entre Mexique et Etats-Unis dans leurs biosphères protégées mais la construction d’un mur pourrait être synonyme d’extinction pour ces espèces menacées. “Attention, passage de faune”, avertit un panneau en plein désert, entre cactus et arbustes, près de l’autoroute qui mène à la ville frontalière de Sonoyta, dans le nord-ouest du Mexique.
Car, des deux côtés de la frontière, des zones protégées ont été mises en place: au nord, dans l’Arizona, c’est le refuge pour animaux sauvages de Cabeza Prieta. Au sud, dans l’Etat mexicain de Sonora, il s’agit de la réserve de la biosphère de Pinacate et du désert d’Altar, classée par l’Unesco au patrimoine de l’humanité.
Deux sanctuaires qui englobent 90 kilomètres des plus de 3.000 qui forment la frontière: un tronçon qui, contrairement aux autres, n’est pas délimité par une barrière métallique, pour le plus grand bonheur des cerfs, ocelots, coyotes ou loups qui passent constamment d’un pays à l’autre.
Les problèmes pourraient justement arriver avec la construction du mur souhaité par le président américain Donald Trump: prévu pour empêcher le passage des sans-papiers et des narcotrafiquants, il aurait un effet dévastateur pour la faune et la flore de la région, préviennent les experts.
Dans cette zone où la température atteint parfois les 55°C, les pluies se font de plus en plus rares, obligeant les animaux à parcourir des distances toujours plus grandes en quête d’eau, d’aliments et d’endroits pour s’abriter, souligne Miguel Angel Grageda, responsable des ressources naturelles à la réserve de Pinacate.

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08 avril 2017 - 07h05