Oeufs au fipronil : le politique appelle à la plus grande transparence possible

ecoloEcolo a appelé samedi soir à la plus grande transparence possible dans le dossier des oeufs contaminés par un insecticide. Son co-président Patrick Dupriez demande ainsi à l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) de communiquer ce qui peut l’être, notamment au niveau toxicologique, des analyses que celle-ci a effectuées. Ecolo demande une réunion d’urgence du Parlement pour faire toute la transparence sur la crise des oeufs contaminés, a par ailleurs exigé le parti par communiqué dimanche.

« Nous sommes face à une situation qui suscite de nombreuses questions », constate M. Dupriez. L’Afsca était au courant de la contamination depuis le mois de juin, une information gardée secrète en raison d’une instruction judiciaire en cours. « Cette information est d’une extrême gravité et pose de nombreuses questions quant à la surveillance du secteur alimentaire et de la protection du consommateur. Une telle absence d’information pendant deux mois sur une crise sanitaire même potentielle est tout à fait inacceptable. Dans ces matières, le principe de précaution et la transparence doivent s’appliquer immédiatement », déclare Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo à la Chambre. « Nous devons pouvoir faire toute la lumière au plus vite sur le déroulement des événements. Raison pour laquelle nous allons demander la réunion du Parlement dans les plus brefs délais pour entendre le ministre Ducarme », conclut-il. De son côté, le député fédéral cdH Michel de Lamotte souhaite une réunion d’urgence de la commission Environnement et Santé publique de la Chambre, dont il est membre, afin d’entendre le ministre de l’Agriculture et l’Afsca, dont M. Ducarme a la tutelle. Cette audition peut avoir lieu cette semaine-même, selon le parlementaire centriste, qui entend avoir de la clarté et de la transparence dans ce dossier. « Il faut qu’il s’explique sur la situation, les conséquences sanitaires possibles et les mesures qui ont été prises pour résoudre le problème », estime-t-il, rappelant la dimension internationale de la crise. Le coprésident d’Ecolo s’interroge, lui, sur la manière de dépasser les analyses effectuées ces derniers jours. « Il est possible qu’une contamination beaucoup plus forte ait eu lieu », suggère-t-il. Ces derniers mois, de nombreuses mesures de confinement ont été imposées à différents élevages de volaille en Belgique en raison de la présence de la grippe aviaire dans ceux-ci. Les éleveurs ont dès lors eu fort à faire pour éradiquer le pou rouge, fait remarquer M. Dupriez. Or c’est justement dans un produit utilisé pour lutter contre ce parasite que s’est retrouvé l’insecticide fipronil, une molécule prohibée dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire. « Qu’en est-il donc des oeufs d’il y a deux-trois mois? Dans quelle mesure l’Afsca peut-elle analyser ceux qui sont stockés depuis des semaines? « , se demande-t-il. Aux yeux du co-président des Verts, la situation actuelle pose la question de la capacité de surveillance du secteur alimentaire. Il rappelle d’ailleurs que c’est à l’initiative d’un éleveur que le pot-aux-roses a pu être découvert. M. Dupriez appelle dès lors à un renforcement des contrôles sur les produits destinés à l’élevage industriel. Le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio (CdH) a abondé dans le même sens dimanche, demandant à l’Afsca de faire toute la clarté sur l’affaire. « Une procédure judiciaire doit-elle entraver la mise en œuvre d’un principe de précaution sanitaire et donc le retrait de la vente de produits suspects? L’énergie déployée avec excès envers les artisans doit aujourd’hui être utilement orientée vers les filières industrielles qui peuvent être à la base de catastrophes sanitaires d’ampleur », a-t-il souligné dans un communiqué. (Belga)

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06 août 2017 - 14h49